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New World of Work : le boom des formes de travail libres

Denis Pennel

 

90 % d’embauches en 2012 hors CDI. 1/4 de freelances aux USA. Un emploi de plus en plus multi jobs… Le salariat n’a plus la cote. La mutation du travail est une réalité. Mais comment concilier l’individuel et le collectif ?

Nous sommes en 2013, dans la Silicon Valley. Alertée par la présence sur ses serveurs IT d’un gros trafic avec la Chine, une entreprise découvre qu’un de ses programmateurs, par ailleurs bien évalué, sous-traite pour 1/3 de son salaire tout son travail à un Chinois. Sa productivité grimpe. Néanmoins, elle le licencie.

La révolution du travail bouscule nos modèles. C’est vrai, elle démarre par le haut et les plus diplômés, mais avec la tertiarisation de l’économie, elle affecte de plus en plus de travailleurs…

L’époque est d’ailleurs aux paradoxes. Nous sympathisons et réseautons avec nos collègues virtuels. De son côté, l’entreprise devient moins un lieu de travail qu’un lieu de socialisation.

 

Individualisation et déstandardisation
Denis Pennel, auteur du livre ‘Travailler pour soi’ : « Hier, l’individu renonçait à une part de lui-même pour servir son employeur. À présent, il veut que ce soit son travail qui s’adapte à sa personnalité. »

La diversité est réelle : 46 % de temps partiel dans certains pays, 35 types de contrats de travail, 4 générations au travail, minorités ethniques et handicapés actifs… Les nouvelles formes de travail (portage salarial, crowdworking) témoignent aussi de cette dé-standardisation.

Un employeur pour la vie est une idée désuète, un jeune le choisit selon sa RSE et le quitte au 1er mot de travers à son égard.

Un seul emploi à la fois devient aussi obsolète : Un employé en plus prof de yoga et boutiquier sur le net n’est plus un cas isolé. Les ‘slashers’ (du signe typographique ‘/’) ont plus d’un centre d’intérêt et alignent les métiers l’un derrière l’autre.

Le salariat, pour lequel nous renoncions à notre personnalité et à notre temps en échange de sécurité et de stabilité, est ébranlé : pourquoi payer plus sans rien en retour (pension, mutuelle, impôts…) ?

 

Cette diversité d’intérêts et de perspectives est-elle gérable ?
La menace de l’individualisation ? L’individualisme. Denis Pennel : « L’enjeu est de réconcilier flexibilité et sécurité, intérêt collectif et individuel. » Selon l’auteur, l’heure n’est plus à imposer mais à créer des liens qui libèrent : « Les réseaux sociaux sont une incarnation de ces liens librement consentis. »

La complexité du marché du travail et la diversité des attentes ne facilitent pas la rencontre entre offre et demande. Conséquence : la recherche d’un bon équilibre entre compétences et personnalité prend de plus en plus d’importance.

 

Le cadre actuel favorise-t-il les formes de travail libres ?
La portabilité des droits peut favoriser l’employabilité et le transfert entre employeurs. ‘J’emmène dans mon ‘sac à dos’ ce que j’ai accumulé dans ma vie active. Des droits à la pension, à la sécurité sociale, à la formation…

Utopique ? Des embryons ont vu le jour : le transfert des réserves de pension du 2e pilier, les sociétés d’intérim qui capitalisent les droits des intérimaires d’un client à l’autre… Ou encore, le DIF français (Droit Individuel à la Formation).

Tout ceci appelle les RH à replacer l’individu au cœur de la relation d’emploi. Le micro management a-t-il encore un sens ? Tous les chefs deviendront-ils les leaders attendus pour une collaboration affranchie du lien de subordination ?

 

Découvrez les réponses à ces questions et les conseils RH de Denis Pennel lors du Congrès RH (bilingue) du 17 décembre sur le Nouveau Monde du Travail. Présentation détaillé ici.

 

 

Denis Pennel est actif depuis 15 ans dans les RH. Il est Directeur de la Confédération Internationale des Services Privés pour l’Emploi (CIETT). Au travers de son ouvrage ‘Travailler pour soi’ (Editions Le Seuil, 2013), il nous amène à prendre conscience du sens et de la forme que revêt un emploi librement consenti.

 

 

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